06 mars 2009
à volonté...
A volonté, ça veut avant tout dire qu'on peut en prendre autant qu'on le souhaite, qu'on le veut et éventuellement qu'on le peut.
C'est à chacun de faire comme il le sent. Selon son propre libre-arbitre, en prenant ses responsabilités.
Parce que ce n'est pas forcément rendre service aux gens que de nier leur responsabilité individuelle... Ce n'est pas à la loi de régir l'abus ou non, s'il n'a de conséquence que pour soi-même. Très sincèrement ça me donne la nausée (et j'ai une certaine expérience en la matière ;) de voir la suppression des open bars sous prétexte de "protéger les jeunes".
Ce n'est pas une surprise ni une nouvelle que les jeunes se fracassent la tête le week-end (avec ou sans open bar). C'est pas la meilleure idée du monde, mais c'est comme ça et puis c'est une période qui passe.
Personnellement, l'open bar n'a jamais été pour moi l'occasion de me fracasser la tête plus qu'autrement. Il faut dire que personnellement je n'ai jamais cherché à absorber le max d'alcool en un minimum de temps. Il y a toujours des abrutis pour faire des trucs débiles et malheureusement on n'y peut rien pour eux.
Ma philosophie a toujours plutôt été d'aller plus loin dans la nuit.
J'ai bu un peu, suffisamment à chaque fois, suffisamment pour me rester légèrement déshinibé, de bar en boîte. Grisé par la nuit et la musique.
J'ai eu des nuits courtes, assommé par le whisky perrier et puant la fumée et des matins avec la langue pâteuse.
Des gueules de bois à m'empêcher de pencher la tête pour remplir la casserole d'eau pour me faire un thé. J'ai dormi tout habillé ou retrouvé mes fringues éparpillées sur le chemin de la porte (ouverte?) à mon lit.
J'ai vidé dans des escaliers sombres des verres qu'on me mettait dans la main alors que mon foie hurlait "nooooon" et qu'en fermant les yeux, je ressentais ce bourdonnement si délectable, celui qui fait tourner les plafonds quand on finit par s'allonger.
Oui j'ai bu, avec excès sans doute quelquefois, j'ai marché sur un nuage et sans doute pas très droit en rentrant chez moi, respiré profondément pour réussir à enclencher ma clé dans la serrure ou dormi la tête sur la ceinture de sécurité (et peut-être un filet de salive sur le menton) quand j'avais la chance d'être motorisé.
Mais bon voilà, j'ai mesuré mes excès en me levant le lendemain, comme un automate certes, mais en me levant pour aller à la fac (ou au boulot plus tard). J'ai pris mes responsabilités.
C'est tout.
23 septembre 2008
when travelling meant leasure...
Autres temps, autres moeurs pourrait-on dire...
C'est ce que je me dis depuis un certain temps en regardant, quelque peu perplexe, le tableau des vols vers Genève qui, ça ne m'a pas échappé, prévoit à présent une escale par Paris.
A part que c'est plus long, plus chiant et plus cher que le vol direct qui existait auparavant (i.e quand le carburant était moins cher donc ce n'est pas si vieux que cela), ça m'a fait penser aux premiers vols vers Genève que j'empruntais il y a de cela quelques années.
C'est vrai que j'avais été mal habitué, je l'avoue. C'était le temps des petits avions à hélices avec une quarantaine de places (ce qui permet au passage de se rendre compte qu'on est moins remué dans un avion de taille plus importante, surtout quand c'est manifestement l'apocalypse dans le ciel dehors et que le pilote nous dit que finalement on va attendre un peu avant d'aterrir).
C'était le temps des sièges en cuir, lorsqu'on vous donnait un bonbon suisse en entrant dans l'avion.
C'était le temps où on ne vous proposait que du champagne, servi dans des flûtes en verre, ou du jus d'orange, accompagné de mini-sandwichs fins et variés, où de pâtisseries selon l'heure.
Le temps où avant l'aterrissage, on vous donnait une serviette chaude plutôt qu'une lingette, et un large choix de chocolats.
Non, je n'étais pas doté d'une carte master-premium-executive-first-privilège-diamond-vip-bling-bling. C'était juste le régime standard (et ô combien difficile à supporter).
Alors, on a envie de se dire que forcément ou presque, ça ne pouvait pas durer, surtout vu le taux de fréquentation.
Ce qui est le cas, vu que la compagnie a quelque peu fondu les plombs.
Mais bon, ce furent de bonnes années et le tout avait un petit côté surrané pas désagréable du tout.
Alors forcément, notre bien aimée compagnie nationale a pris le relais, en me faisant dans un premier temps transiter par Clermont-Ferrand (oui, il y a bien un aéroport, un truc qui semble posé en équilibre au centre des pistes au milieu des montagnes), avant de redevenir un vol direct.
Mais là, fini le cuir, bye bye le champagne, hello le sandwich bas de gamme (c'est curieux d'ailleurs ces sandwichs, parce que personne chez soi ne préparerait un sandwich comme ça, alors c'est sûr qu'il faut apprendre aux gens à faire un sandwich médiocre parce que ça ne peut pas être inné ni spontané) et la fameuse mini-canette de coca et son gobelet en plastique (néanmoins, à prestations inférieures, l'avion restant petit, il était encore possible de se payer quelques frayeurs en cas de mauvais temps, pour ne pas être trop dépaysé...).
Et là, escale obligatoire à nouveau avec avion plus gros aussi, tout le charme discret de ce petit trajet va, si j'ose dire, s'envoler.
C'est pas grave, il ne me reste qu'à faire mon John Self à boire du champagne entre deux avions sur des comptoirs d'aéroport, si c'est encore possible!
15 septembre 2008
wake me up before you gogo...
La nuit s'éclaircit au delà la fenêtre. Les bandes d'obscurité s'écoulent sur les toits. C'est le point de jonction vers le jour. L'heure de dormir.
Le réveil est toujours le même, les légers restes de l'alcool et autres effluves qui courent encore dans le sang et la brume qui s'ensuit. Dehors, il fait grand beau. Dedans, une pointe douloureuse derrière les yeux qu'on croyait pouvoir éviter quelques heures plus tôt. Toutefois pas de grand chambardement intérieur lorsque je me lève, sans doute parce que je me suis à peu près arrêté de boire quelques heures plus tôt.
Ce sont les joies d'être dans une période où je suis malade bien avant d'être dans un état second.Où que je supporte moins qu'à un moment. L'âge sans doute.
Et puis il y a cette impression qui s'ensuit plus tard dans la journée et qui est presque systématiquement associée aux lendemains de fête.
Rien à voir avec l'accumulation de fatigue du quotidien d'ailleurs
Je l'ai appelée l'hyperlucidité, en référence aux 15% à peu près de notre cerveau qu'on utilise au quotidien, malgré les conseils avisés du dr Kawashima et ses acronymes pénibles. C'est cette sensations -certes fugitive- que toutes les connections là-haut se sont refaites, que ça tourne à plein régime et que les idées vont beaucoup plus vite, le tout avec peut-être une légère euphorie (mais pas toujours, j'ai aussi pu constater l'effet contraire...)
Ca fait qu'on a envie de sourire bêtement au soleil de fin d'après-midi, alors même qu'on est bloqué sur le périph avec un chauffeur de taxi bavard, même si on a un peu plus froid qu'il ne faudrait à cette heure-ci (deuxième effet kiss cool du notre ami manque de sommeil).
Sur un carré d'herbe de la taille d'un demi court de tennis en bordure d'aéroport, trois lapins assis regardent le soleil qui décline au delà des bretelles qui s'entrecroisent, du terminal et des pistes. A croire qu'ils font plus facilement abstraction que nous.
Alors, pour une fois, la perspective du lundi semble acceptable.
Malheureusement, le lundi matin, l'hyperlucidité a bel et bien disparu.
